Depuis 20 ans déjà, WBDM se bat pour des valeurs clés qui nous parlent toujours avec autant d’intensité. Indépendance, créativité, entraide, intelligence et innovation sont des mots qui font partie de son vocabulaire.
Au fil des années, WBDM s’est adapté à un paysage mode profondément bouleversé par la technologie, faisant ainsi évoluer son aide pour la rendre plus juste et pertinente.

Au début des années 2000, l’industrie de la mode est encore un territoire réservé à une minorité qui fait et défait les tendances. Un petit groupe d’acheteurs, de journalistes et de personnalités du milieu possèdent une influence considérable et peuvent quasiment propulser des designers vers des carrières fulgurantes. Depuis les années 90, les designers belges sont très appréciés par l’industrie, mais la dynamique des grands groupes va créer de nouvelles divisions et rendre la notion d’indépendance plus rare et complexe qu’auparavant, comme l’explique Anne-Françoise Moyson, journaliste mode basée à Bruxelles.
Ce qui a vraiment le plus chamboulé l’industrie, c’est la surpuissance de ces grands groupes de luxe qui ont non seulement tout phagocyté, mais aussi dicté les règles de l’industrie de la mode auxquelles nous sommes tous tenus de nous plier.

Lorsque WBDM se lance dans son aventure mode, c’est bien le showroom qui reste la base la plus fiable pour un vrai développement commercial. Chaque saison, les acheteurs internationaux se rendent à Paris et prennent le temps de visiter des showrooms multimarques afin de découvrir leur sélection de nouveaux talents. C’est par ce biais que FILLES À PAPA, Alice Knackfuss, Marc-Philippe Coudeyre, KRJST ou Jean-Paul Lespagnard voient leurs marques se développer à l’international, protagonistes d’une nouvelle mode belge englobant Bruxelles et la Wallonie. Travaillant en collaboration étroite avec le showroom No Season à Paris, WBDM suit attentivement l’évolution de ces marques et les soutient durant les fashion weeks parisiennes.
L’arrivée d’Instagram -et d’autres réseaux sociaux- va profondément modifier un secteur qui a déjà du mal à se protéger d’une saturation de plus en plus palpable. Bien que les marques indépendantes puissent se servir de ces nouveaux outils afin de promouvoir leur travail, on assiste dès 2014 à une explosion de marques de créateurs dont le futur s’inscrit rarement dans la durée. La montée au pouvoir des influenceurs signe aussi la fin d’un système élitiste qui s’appuyait sur le contrôle de qui pouvait -ou pas- faire partie du sérail mode. La démocratisation est dès lors inévitable, poussant la croissance d’une fast fashion de plus en plus sauvage parallèlement à l’ascension des grands groupes de luxe dont le pouvoir financier -et médiatique- devient de plus en plus grand.

C’est en 2017 que WBDM lance la nouvelle formule de son Fashion Programme, comprenant bien l’évolution du marché et la nécessité d’avoir une aide plus personnalisée. Trois ans après, la pandémie pousse à l’arrêt complet et la mode doit exister sans showrooms ni défilés. Les ventes en ligne explosent durant cette période et les marques indépendantes qui ont pensé à investir dans leur e-commerce en ressortent grandies.
WBDM ajoute alors des bourses supplémentaires afin de coacher les designers et de les aider dans leur stratégie. L’aide financière offerte par l’institution peut dès lors s’orienter vers la communication, la vente, ou même l’événementiel. On évoque désormais une approche bien plus ‘tailor-made’ que générique, identifiant les besoins pressants de ces marques et amenant des solutions concrètes à leurs problèmes.

En 2026, une marque peut grandir sans défilé, showroom parisien ou parution dans Vogue. Les influenceurs ont été remplacés par les commentateurs mode, dont le rôle est d’informer, d’amuser, et d’éduquer leur public. Toutes les opinions semblent se valoir en ligne, même s’il est clair qu’être expert n’est pas donné à tout le monde. Un nouveau régime basé sur le following se met en place, et les discussions autour des collections semblent parfois plus intéressantes que les vêtements présentés sur les podiums. Il est aussi révélateur de constater que des grandes marques de groupes de luxe souffrent commercialement aujourd’hui, ce qui nous rappelle étrangement le début des années 90 qui font d’ailleurs rêver la plupart des jeunes de 20 ans.

La mode ne serait-elle qu’un éternel recommencement? Le désir de lancer sa propre marque n’a jamais été rationnel, et vouloir l’expliquer ou le justifier est donc voué à l’échec. Pour Anne-Françoise Moyson, les jeunes designers doivent trouver des alternatives et se faire leur propre place.
Grâce aux réseaux sociaux, ces jeunes peuvent développer leur communauté et faire du B2B avec de très bons résultats. C’est un business model qui fonctionne très bien auprès des jeunes créateurs, comme Kenza Taleb ou Ester Manas.
Dans une industrie de la mode de plus en plus polarisée entre grands groupes et fast fashion, quelle est la place de l’indépendance? Difficile de savoir si lancer une marque en 2026 est plus difficile qu’avant, mais il est par contre évident que WBDM fait un travail précieux pour la mode belge, offrant non seulement des possibilités matérielles, mais aussi un conseil essentiel à des marques prêtes pour leur développement. Sans idéal, nos sociétés n’ont aucune raison d’exister, et c’est grâce à des protagonistes comme WBDM que l’utopie de certains devient une réalité.