Pour WBDM, il est clair que soutenir la mode indépendante à Bruxelles et en Wallonie demeure l’un de ses objectifs-clés, tout en étant conscient de devoir adapter son Fashion Programme aux changements drastiques survenus dans l’industrie de la mode au cours des 10 dernières années. Accompagnement personnalisé, évaluation précise des besoins de chacun et disponibilité constante sont quelques-uns des facteurs expliquant non seulement son succès, mais aussi sa longévité.

Grâce au rapport dernièrement établi par l’analyste financière Candice Rosenfeld -en collaboration avec l’équipe de WBDM- certains chiffres sautent aux yeux et soulignent la pertinence d’une aide à la création mode en région wallonne et à Bruxelles. En effet, le Fashion Programme conçu par WBDM a accompagné 60 entreprises de mode entre 2017 et 2026, utilisant deux instruments distincts pour favoriser leur développement: des enveloppes de coaching à hauteur de 4000 euros chacune, et des subsides pour les designers allant de 10.000 à 35.000 euros.

En outre, il est intéressant de constater qu’en 2017 le Fashion Programme proposait deux subsides par an. Depuis 2025, il est passé à 5 subsides, permettant d’accompagner plus d’acteurs prometteurs. Parmi les designers ayant remporté des bourses -suite à une présentation détaillée de leur dossier devant un jury d’experts mode internationaux- on compte Carine Gilson, Façon Jacmin, Filles à Papa (Tomboy), Jean-Paul Knott, Marie Adam-Leenaerdt et Abdel El Tayeb.

Amener une aide purement financière n’est pas suffisant pour assurer une réussite dans la mode, ce qui explique les bourses de coaching offertes aux marques sélectionnées par WBDM depuis 2017, mettant en lumière l’expertise -et la connaissance- de professionnels réputés travaillant déjà dans le milieu depuis plusieurs années. Grâce à son réseau international -et sa compréhension affinée d’une industrie de la mode en pleine mutation depuis la pandémie- le Fashion Programme a permis à de nombreuses marques de tirer leur épingle du jeu, mettant le maximum de chances de leur côté et favorisant ainsi leur croissance à l’international.

En 2026, la mode reste un domaine extrêmement compétitif et les designers doivent être capables de relever de nombreux défis, qu’ils soient relatifs à leur production, leur positionnement, leur image, leur stratégie commerciale ou même leur storytelling. Avec l’ascension des réseaux sociaux, la communication devient fondamentale pour les marques de mode indépendantes qui bénéficient d’outils gratuits n’existant pas il y a 20 ans. Si la mode est beaucoup moins élitiste qu’elle ne l’était il y a 30 ans, elle regorge néanmoins de propositions qui créent dès lors une sensation de saturation constante parfois difficile à gérer pour des marques émergentes.

Les nouveaux talents doivent plus que jamais communiquer leurs valeurs profondes de manière claire et inspirante, leur permettant ainsi de toucher une nouvelle clientèle en quête de sens, d’intégrité et de créativité. Cette année marque bel et bien l’avènement d’une crise qui se faisait déjà ressentir post-Covid. La fast fashion devient de plus en plus omniprésente et même les grands couturiers se joignent à elle, provoquant un vrai chamboulement des valeurs.
Plus la confusion est grande, plus elle devient une opportunité pour les marques de mode indépendantes bruxelloises et wallonnes. Dans un marché de plus en plus divisé et oscillant entre deux extrêmes, elles avancent à échelle humaine, doucement mais sûrement, proposant une alternative à la consommation effrénée.

Le soutien fidèle de WBDM envers elles ne doit donc pas être pris à la légère. Pour Serge Carreira, qui dirige le projet Emerging Brands Initiative au sein de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode à Paris, l’apport de WBDM est crucial et forcément précieux: “Le Fashion Programme permet d’accompagner les marques belges dans leur développement en fonction de leurs besoins spécifiques. Cela permet de contribuer à la mise en œuvre d’actions efficaces pour leur expansion. C’est un soutien essentiel pour renforcer les marques de création dans leur stratégie.”

Aujourd’hui, les recettes traditionnelles ne fonctionnent plus aussi bien qu’auparavant et la sainte trinité ‘showroom/boutiques/agence de presse’ n’est plus la seule façon pour une marque de grandir et d’accroître son influence. Il appartient aux jeunes générations de rejeter des systèmes désormais obsolètes pour ouvrir de nouvelles voies aussi bien pertinentes qu’innovantes. Tout au long de son histoire, le Fashion Programme n’a pas eu peur du changement. Au contraire, elle en a fait un allié, lui permettant de mieux appréhender une industrie complexe dont l’essence s’articule autour du désir, et pas de la nécessité.