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Savile Boats : double sillage

Savile Boats : double sillage

Categorie: Interviews
Date de publication:

Née d’une rencontre entre Benoît Loicq, un passionné d’aviron désireux de créer un produit innovant, emblématique du luxe, et du designer belge Serge Rusak, Savile Boats a choisi de placer le design, l’art et l’artisanat au centre du débat. Rencontre avec les têtes pensantes de ce projet poétique aux grandes ambitions.

(c) Geoffrey Meuli
Vous dites que votre projet est porteur d’émotion. Expliquez-nous…

Benoît Loicq : le nom du projet, un clin d’œil à l’univers du luxe et du sur-mesure associé aux tailleurs de Savile Row à Londres, résume bien l’esprit dans lequel nous étions au moment de concevoir ce bateau d’aviron. Il s’agit, à l’origine, d’une envie personnelle de développer un aviron performant qui puisse être utilisé de manière autonome, mais qui soit aussi stable et facilement transportable qu’un modèle pour débutants. Mon fils a fait de la compétition dans ce domaine et je suis moi-même passionné d’architecture nautique. J’étais conscient que ce type de bateau était propice à des projets d’innovation. C’est au cours du processus d’élaboration que l’intention esthétique est apparue de plus en plus clairement.

(c) Geoffrey Meuli
Comment Serge Rusak et vous, vous êtes-vous rencontrés ?

(B.L.) Dans ce projet, tout est une question de rencontres et de synchronicité. J’ai, le même jour, contacté Serge et l’école de design Rubika de Valenciennes. Sans savoir que Serge qui, à l’époque, dirigeait son propre bureau à Paris, officiait en tant que consultant pour cette école. Nous avons choisi de travailler ensemble : d’abord avec les étudiants, puis en binôme jusqu’à l’aboutissement du projet.

(c) Geoffrey Meuli
Vous avez collaboré avec un chantier naval à Caen, mais aussi avec des talents belges.

(B.L.) L’élaboration du moule – composé de formes convexes et concaves – repose sur un processus très complexe. Malgré le caractère confidentiel du projet, les acteurs du chantier naval se sont montrés extrêmement à l’écoute. Pour les détails de finition, j’ai cherché à m’entourer d’artisans à la pointe, comme Nina Bodenhorst (atelier Niyona) qui a imaginé une assise en cuir sur-mesure.

Lorsque vous avez présenté le bateau au Monaco Yacht Show et, plus récemment, lors du Lake Como Design Festival, les gens avaient envie de le toucher…

(Serge Rusak) C’est, à mon sens, l’essence-même de la désacralisation des objets de consommation, qu’ils soient de luxe ou non : cette volonté qu’ont les gens de se les approprier totalement. Dans ce projet, chaque détail repose sur une vraie réflexion. Dans ce même esprit, les premières images du bateau véhiculaient un besoin de retrouver un moment pour soi, au contact de l’eau et de la nature.

(c) Geoffrey Meuli
D’autant qu’il est difficile, en 2024, de parler design sans aborder les questions d’écologie et de durabilité.

(B.L.) Nous travaillons avec une matière carbone qui, par essence, n’est pas recyclable, mais compte tenu de la qualité de sa conception, l’objet en tant que tel est quasiment indestructible. Je réfléchis en outre à la possibilité de fabriquer un bateau à base de chutes de tissu carbone. Il faut savoir qu’un carbone recyclé permet de diviser par 4 l’empreinte carbone lors de la fabrication d’un bateau. Dans le cas des chutes, on arrive au niveau zéro… tout en gardant la même esthétique.

(c) Nicolas De Weeze
Vous avez démarré ce projet en 2016: 6 ans d’élaboration, ce n’est pas rien!

(S.R) Nous avons travaillé avec une petite équipe. D’emblée, l’idée était de prendre le temps de faire les choses bien en nous entourant d’artisans passionnés. Dans le secteur du design, le temps est devenu un luxe rare. En tant que designer et chef de projet, je me suis placé dans la peau du rameur. C’est la volonté d’entrer en immersion totale avec la nature qui nous a amenés à couper le bateau en deux à l’arrière. L’eau arrive quasiment à l’intérieur du pont. Lorsqu’on rame, on pourrait avoir l’impression presque poétique que l’eau passe entre nos jambes. Nous disposions d’une surface de 6 mètres de long qui nous a permis de jouer avec les reflets ; ceux du bateau, ainsi que les contre-reflets créés par la réverbération dans l’eau. L’esthétique finale rappelle celle du design automobile. Comme c’est de plus en plus souvent le cas dans le secteur du luxe, l’utilisateur a la possibilité de customiser son bateau comme il l’entend. Il faut compter 300 heures de travail pour façonner un seul aviron. La singularité de ce projet réside également dans son positionnement ; au cœur d’une sorte de No Man’s land, entre expérience usuelle, esthétique et sportive.

(c) Geoffrey Meuli
Dans le futur, c’est d’ailleurs comme cela que vous voulez positionner le projet.

(B.L) Nous souhaitons à la fois nous adresser aux sportifs de haut niveau et aux amateurs de collectible design. A Côme, il a été présenté au premier étage d’une villa, au bord du lac, à côté d’objets en céramique. Ce bateau est la traduction d’une élégance du geste ; une élégance qui trouve notamment un écho dans le double sillage que laisse le bateau lorsqu’il glisse sur l’eau. Cette marque, c’est finalement un peu notre signature.

Interview par

Marie Honnay

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