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Branko Popovic: le pouvoir de l'utopie

Branko Popovic: le pouvoir de l’utopie

Categorie: Interviews
Date de publication:

Parmi les événements organisés en Europe, rares sont ceux qui parviennent à s’extirper du cadre commercial de la mode. Fashionclash a réussi cette prouesse. Cela fait plus de 15 ans que Branko Popovic voue un culte à la mode, un secteur qu’il qualifie de discipline intelligente, engagée et protéiforme. Il convie donc des designers, des performeurs et des artistes pour apporter leur contribution au Festival.

Esra Copur © Laura Knipsael

La dernière édition de Fashionclash, qui s’est tenue à Maastricht, a braqué ses projecteurs sur des thématiques clés touchant au monde de la mode, notamment l’appartenance, l’identité, le genre, la politique et l’altérité. Au programme du festival, des spectacles émouvants et des expositions inspirantes. Durant trois jours, la ville de Maastricht est devenue un havre visuel et de réflexion pour les amoureux de la mode, offrant aux initiés de l’industrie l’occasion de se rencontrer et d’échanger des idées sur leurs sujets préférés.

Barbara Rozenberg © Laura Knipsael

Au cours d’un entretien avec Branko Popovic, nous avons discuté de l’édition de cette année afin de cerner les préoccupations de la jeune génération et pourquoi il pense que le Festival est devenu un lieu protégé pour une communauté de la mode en pleine croissance.

MAASH © Laura Knipsael
Dans votre discours de clôture, vous avez précisé que Fashionclash s’éloignait enfin du format de défilé pour se tourner vers la représentation. Pourquoi ce format est-il mieux adapté au festival ?

Pour cette édition, nous nous sommes concentrés sur les performances car je suis intimement convaincu que cela permet de faire vivre des expériences uniques au spectateur, le genre d’expériences que l’on ne peut pas forcément apprécier ailleurs. Certaines performances , comme celle orchestrée par MAASH à Bruxelles, pourraient être reproduites ailleurs ou même adaptées à un nouveau contexte. Voilà l’avantage indéniable de la performance : elle a une vie bien à elle et peut poursuivre son évolution en usant de créativité. Je pense que l’expérience d’un défilé n’est peut-être plus la même qu’auparavant.

Daria D'Ambrosio © Laura Knipsael
Pensez-vous que le format des défilés de mode est surfait ?

Souvenez-vous des années 1990 : le paysage des défilés était radicalement différent. Chaque mannequin possédait sa personnalité et sa présence bien distinctes. Par essence, les défilés symbolisaient des événements chargés de joie et d’émotions. Il régnait sur les podiums un esprit de fête que nous semblons avoir perdu aujourd’hui. Au fil des ans, les mannequins ont peu à peu sombré dans l’anonymat. Or, les vêtements à eux seuls ne permettent pas de créer l’émotion convoitée par les designers.

© Laura Knipsael
Le Festival vous permet d’assister à des événements distincts, qui restent toujours à taille humaine. Cette notion d’intimité est-elle importante pour vous ?

Cela fait toujours bien de dire que 10.000 personnes ont assisté à votre défilé, mais au fond, cela a-t-il vraiment un impact ? Cette année, nous avons tout misé sur la qualité, en négligeant la quantité. Même si certains événements se déroulent en petits comités, nous les diffusons aussi sur Internet, ce qui nous permettra de les partager avec un plus grand nombre de personnes. Nous proposons différents types de contenu, en faisant la distinction entre le live et le digital.

© Laura Knipsael
Chaque année, Fashionclash présente de nouveaux films de mode au public. Néanmoins, nombreux sont les experts du secteur qui ont encore du mal à accepter l’idée de la mode au cinéma. Voyez-vous cela plutôt comme une forme d’art ou comme un geste commercial ?

Eh bien, le côté merveilleux, c’est justement que ce festival peut avoir plus d’une raison d’être. Si votre film a un contenu commercial, je n’y vois pas d’inconvénient. Nous voyons de nombreuses marques embaucher d’excellents directeurs de la création pour élaborer une proposition intéressante. Dans notre sélection, nous nous concentrons sur des réalisateurs plus jeunes, mais les grandes marques devraient aussi recourir davantage à l’industrie du film, parce que cela semble vraiment logique aujourd’hui. Nous vivons dans un monde de diffusion virale et les grands films s’inscrivent parfaitement dans ce contexte.

Ruben Jurriën © Laura Knipsael
Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle génération de rédacteurs et de journalistes de mode, comme Aya Noël et Ayo Ojo (Fashion Roadman), qui sont très critiques vis-à-vis de l’industrie. Vous les avez conviés tous les deux à Maastricht cette année. Pourquoi leur présence était-elle importante ?

Je pense que la critique est très importante aujourd’hui. Les voix critiques se font rares dans le monde de la mode, et il se trouve qu’Aya et Ayo partagent des pensées et des valeurs semblables. Mais à bien y réfléchir, leur vision n’est pas si différente de la nôtre. Je trouve formidable et rassurant de voir une jeune génération accepter la critique et regarder le système de la mode avec une certaine distance critique.

Interview par

Philippe Pourhashemi

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