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Marie-Hélène Vanderborght - La création tient salon Mode, Design - 28 mars 2019

Photo (c) David Plas - Production et Makeup (c) Anouchka de Bellefroid

Journaliste et éditrice pour l’émission « C'est du Belge » (chaque vendredi soir sur la une télé), elle offre depuis 15 ans une visibilité aux créateurs et aux designers de Bruxelles et de Wallonie. Sa mission : inviter les talents d’aujourd’hui dans votre salon.

TLmag : Quel regard portez-vous sur la création en Wallonie et à Bruxelles et sur ces nouveaux talents qui brillent ici et à l’étranger ?
Le label belge bénéfice aujourd'hui d'une belle crédibilité. C'est sans doute la plus grande évolution que j'ai pu constater ces dernières années dans les différents domaines artistiques. Dans l'émission « C'est du Belge », notre mission consiste à mettre en avant les talents et le savoir-faire de chez nous. Et si l'émission existe depuis 15 ans, c'est grâce à cette effervescence créatrice. Il y a les noms confirmés bien sûr que nous aimons suivre mais aussi les jeunes que nous tenons à soutenir. Parler de mode et de design dans une émission en ‘prime time’ destinée au grand public est une chance. Nous aimons suivre les créateurs dans leurs premiers pas comme ce fut le cas pour Olivia Borlée et Elodie Ouedraogo, créatrices du label 42/54, qui ont créé une ligne très cohérente, très aboutie. Mais il y a aussi des aventures étonnantes comme la dernière en date que nous avons évoquée dans l’émission :  celle de Charly Nzogang, diplômé de l'école Francisco Ferrer. Il reçoit un jour un appel de Oxford Fashion studio lui demandant de défiler à la Fashion Week de New York. Il croit à une blague…mais non ! Repéré par les réseaux sociaux, ce Camerounais d'origine âgé de 27 ans vit un rêve éveillé. Une belle histoire dans un milieu qui est souvent impitoyable. Il arrive aussi malheureusement, dans ce contexte particulièrement compétitif, que de brillants talents jettent le gant et j'en suis toujours attristée. 

Comment envisagez-vous votre travail dans cette idée de promotion de la création belge contemporaine ?
Dans l'émission, nous avons eu l'occasion, grâce à la complicité de Wallonie-Bruxelles Design Mode avec qui nous collaborons étroitement, de suivre de jeunes stylistes au Festival de Mode et de Photographie à Hyères. Ils y sont confrontés dans une grande simplicité à un jury de renom. L'année dernière, il était composé de Haider Ackermann, Tilda Swinton ou encore de Lou Doillon. De quoi impressionner des débutants. Ce n’est pas évident non plus, pour ces jeunes, de se retrouver face à une caméra. Mon job consiste alors à les mettre en confiance dans la bienveillance. C'est un autre aspect du métier. Ils doivent l’apprivoiser et apprendre à communiquer. 

Dans l’émission, vous parlez aussi de design. Comment l’abordez-vous ?
On constate en effet que le design est un domaine parfois plus pointu, plus difficile à comprendre pour le grand public. À nous de trouver comment intéresser les gens au travers d’objets qui feront partie de leur futur proche. Dans quelques semaines, je m'apprête à suivre nos designers au Salone del Mobile à Milan, un rendez-vous incontournable où la Belgique ne fait pas défaut. Je suis également heureuse de l'apparition à Bruxelles d'un événement comme la foire Collectible dédiée au design contemporain du XXIe siècle.

À force de suivre les créatifs à Bruxelles ou en Wallonie, vous avez forcément des coups de cœur ?
Chaque année, « C'est du Belge » renforce sa mission de soutien au travers de la remise des prix « Les Meilleurs de l'année ». L'objectif de ce concours est de mettre en lumière des talents émergents soutenus par des parrains de renom. Au final c'est le public qui vote. On se souvient de la marque de denim Façon Jacmin, lauréate mode ou encore du merveilleux travail de porcelaine de Frédérique Ficheroulle dans le registre du design. Quant à mes coups de cœur personnels, ils sont nombreux : Lionel Jadot, Kaspar Hamacher ou encore Alain Gilles en design. En mode, j'aime le travail tout comme la personnalité d’Odile Jacobs, une autodidacte qui utile le wax, – clin d’œil à ses origines –, qu’elle mixe à des coupes plus européennes, ou Carine Gilson qui s'apprête à fêter les 30 ans de sa maison. Je me souviens d'un merveilleux tournage à New York en sa compagnie. Nous étions là pour filmer son défilé. Le lendemain, nous avions choisi de décompresser autour d'un cocktail au café Carlyle… Une soirée mémorable, de celles où se tissent des liens précieux, loin des caméras. 

Interview by Marie Honnay

Tournage C'est du Belge

C'est du Belge

42/54

Alain Gilles

Carine Gilson (c) Frederic Vercruysse

Frederique Ficheroulle

ZAVENTEM atelier (c) Lydie Nesvadba

Atelier Kaspar Hamacher (c) Jules Lobgeois

Façon Jacmin (c) Patricia Khan

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