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Xavier Lust, entre l'art et l'industrie Design - 24 novembre 2014

Entre la conférence de presse bruxelloise du Salone del Mobile, où il tint une présentation en tant que partenaire privilégié du design italien, et son départ le lendemain pour New-York, où il participe à The Salon, nouvelle place to be art et design de l'Upper Manhattan, nous avons posé quelques questions à Xavier Lust.

Vous exposez à "the Salon : Art + Design" et serez d'ailleurs présent sur plus d'un stand...
Oui, je serai aux côtés de Pierre Passebon sur le stand de la Galerie du Passage, qui exposait mes dernières pièces à Paris et en a même cofinancé la production. Et j'y exposerai également à l'emplacement de la galerie belge Anne Autegarden, avec entre autres mes tables en travertin, qui ont un grand succès. En termes de pièces vendues, c'est ce qui marche le mieux actuellement.

Ces éditions limitées vous ouvrent d'autres perspectives ?
Tout à fait. C'est du 'art design', une autre manière de penser. Avec Nilufar, j'ai créé Continent, une console en laiton massif dont la surface est déformée et percée, elle représente beaucoup de matière mais l'ensemble reste très subtil, on y perçoit un vrai jeu d'ombres parce que l'épaisseur varie à chaque endroit. Je n'aurais pas pu obtenir un tel résultat en visant l'économie.

Le 'art design' occupe donc une grande partie de votre temps pour l'instant ?
Oui, mais je continue évidemment à mener différents projets et collaborations, qu'il s'agisse de la série OXO que je viens de lancer pour Kristalia, des Sapins de Noël des créateurs ou de la préparation du prochain salon de Milan avec Fiam ou Zanotta.

Vous ne vous sentez jamais tiraillé entre les différentes disciplines ?
Non, parce que l'essence de mon boulot se situe justement là, à la frontière de l'art et de l'industrie, deux disciplines très intéressantes qui portent chacune leurs défis et leurs valeurs. Quand on voit mes meubles, comme le Banc ou la Table PicNik, il y a une dimension picturale, j'estime que cela représente plus qu'un simple morceau de plastique.


Quelle distinction majeure constatez-vous entre ces deux volets de votre travail ?
On peut citer le vaste choix de matériaux ou de technologies à mettre en œuvre, la liberté formelle ou les exigences au niveau fonctionnel, mais la différence principale reste d'ordre financier. La création de mobilier est intimement liée au coût de production, chaque produit doit coûter le moins possible pour rencontrer le succès commercial, et ça fait beaucoup d'équations à résoudre. Pour le 'art design', les moyens qu'on peut investir dans une pièce sont plus conséquents, et le prix de vente sera largement supérieur.

Ce qui s'avère plus intéressant pour vous en termes de rémunération...
Bien sûr, ces montants sont plus élevés aussi, mais demeurent liés à la production. Les coûts nécessaires à la réalisation d'une table en bronze n'ont rien à voir avec ceux qu'aurait demandés un matériau moins exclusif, pour prendre l'exemple de la S-Table. Surtout que couler toute cette matière, c'était vraiment une prouesse technique ; on aurait tort de croire les marges énormes.

Cette S-Table est initialement produite par MDF Italia, tout comme le bureau Gold Graph l'est par FIAM. Quel accord avez-vous avec ces marques pour la réalisation de séries limitées ?
Le bureau Gold Graph est recouvert de feuilles d'or et fait de verre extra-clair, des particularités hors-normes qui le distinguent de l'original. L'édition limitée n'était pas prévue au départ, mais a finalement pu voir le jour car Fiam dispose d'un département dédié aux séries limitées et a donc pu en assurer la production. Le marché est porteur, il est légitime de s'y intéresser. A l'inverse, les choses ont été différentes avec MDF Italia, pour cette version bronze de la S-Table. Mon contrat a été renégocié lors du rachat de la marque il y a sept ans, et j'ai introduit une clause m'autorisant à produire un supplément de cette table en d'autres matières. Clause que j'essaye d'appliquer à tous mes contrats aujourd'hui, et je pense que tout le monde peut y gagner. Ça ne coûte strictement rien à la marque – au contraire, ça lui fait de la pub.

Ecrit par Maxime Fischer

 

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