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Muller Van Severen - Designer(s) de l'année 2015 ! Design - 03 février 2015

Dixième lauréat du prix du Designer de l’année, le studio Muller Van Severen est également le premier gagnant à afficher des penchants si marqués pour l'art et les séries limitées. Entretien avec la moitié masculine d’un duo uni à la ville comme au boulot, Hannes Van Severen.


Comment avez-vous réagi en apprenant votre victoire ?
C'est évidemment un grand honneur de recevoir une récompense si prestigieuse.
Cela influencera toute notre année à venir et attirera beaucoup d’attention sur nous.

Comment expliquez-vous votre succès ?
Je ne sais pas, ça doit être lié au feeling qu’on entretient avec les matériaux, les couleurs et les proportions. On vient des arts visuels, Fien passe son temps à photographier des natures mortes, à combiner les formes et les tons, tandis que je suis plutôt intéressé par l’espace et les paysages. Quand on réalise un meuble, on tente toujours de lui donner de la légèreté et de la transparence, mais aussi une dimension supplémentaire, qui en fait plus qu'un simple élément de mobilier. Le résultat s'avère souvent très sculptural, or j'aime que nos créations apparaissent comme des sculptures.

Avec toujours ce style si particulier...
Oui, c’est la traduction des univers desquels nous sommes issus. Fien provient d’une famille passionnée par les antiquités ; l’intérieur de ses parents est très baroque, plein de peintures anciennes, de marbre et de couleurs. A l’inverse, mon environnement (NDLR : Hannes est le fils du célèbre designer Maarten Van Severen) n’était fait que de lignes strictes et de sobriété chromatique. Ces deux extrêmes se sont parfaitement assemblés dans notre travail, on en retrouve les différents éléments. Et cette combinaison semble plaire aux gens…

Comment pratiquez-vous cette synthèse au quotidien ?
On n’y pense même pas. En fait, on essaye de ressentir plutôt que de penser. Tout vient des tripes. Généralement, on démarre avec des prototypes très rudimentaires, que l’on sculpte à partir de rien, plutôt que de bosser des heures sur des maquettes trop élaborées. Notamment parce que nous sommes tous deux très impatients de voir ce que chaque nouvelle idée peut donner.

En sachant que vous avez commencé en 2011, on peut dire que vous n’avez pas l'habitude de perdre du temps...
D’une certaine façon, on peut aussi dire que nous avons débuté sur les bancs de l’école artistique, il y a 14 ans. Nous n'avons pas surgi de nulle part en 2011, c’est juste le résultat d’un lent processus arrivé à maturation. D'ailleurs on n’a pas vraiment l’impression de faire autre chose qu'auparavant.

Mais ce "Furniture Project" est devenu votre activité principale…
La première expo chez Valérie Traan en a entraîné une seconde lors du festival Design September, puis tout s'est enchaîné jusqu'à ce que Lowie Vermeersch nous compte parmi les invités d'honneurs de la Biennale Interieur en 2012. Depuis, ça a explosé, pas un jour ne s'écoule sans qu'on nous appelle. On ne s'est pas vraiment enrichis pour autant ; notre production s'apparente à l'art, les matériaux et les coûts de productions sont donc élevés. Mais je ne me plains pas, on est très heureux !

Seriez-vous tentés par un changement de registre, comme la réalisation de produits industriels ?
Bien sûr, il en est d'ailleurs question actuellement, même si nous n'en sommes qu'aux préliminaires. Une collaboration nous intéresse à partir du moment où un rapprochement est possible entre nos deux activités, ce qui n'est pas toujours le cas. Nous avons énormément de projets en cours, notamment de la coutellerie et une commande plutôt conséquente, venue de l'architecte chargé du pavillon de Bahreïn pour l'Expo universelle de Milan. Nous devons lui livrer deux bancs en marbre, cinquante chaises et vingt tables en aluminium. On n'a pas le temps de s'ennuyer.

A propos d'expo à Milan, vous participerez bientôt à celle de Belgium is Design avec les neufs précédents designers de l'année...

Oui, nous les avons rencontré il y a peu lors d'une grande réunion. A part Bram Boo, on ne connaissait que leurs noms et leurs produits, mais le contact est bien passé malgré notre timidité. Nos univers sont plutôt différents mais ce n'est pas un problème : le temps est venu d'expérimenter.

Par Maxime Fischer

 

Plus d'infos

www.mullervanseveren.be



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