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Michael Young - Designer voyageur Design - 17 février 2016

Portrait Michael Young © Michael Young LTD

Les designers britanniques sont appréciés au Centre d’innovation et de design du Grand Hornu. Après avoir accueilli l’an dernier le travail de Jasper Morrison, Marie Pok, la Directrice des lieux, fait le choix de mettre le site au service des créations en aluminium de Michael Young.

Le designer, adepte des procédés expérimentaux, semble manier le matériau sans frayeur ni tabou. Pas impressionné pour un sou par la piètre réputation de l'alu, il prend un plaisir visible à aller au-delà de ses limites pour nous en montrer le potentiel design. L'alu en voit ici de toutes les couleurs. Michael Young y injecte du gaz, l'associe joliment au bois, le marie au verre pour sublimer la lumière...

Ce natif de Sunderland, une petite ville industrielle du nord-est de l'Angleterre, est sans conteste l'un des designers les plus créatifs de sa génération. Pour lui, « The sky is the limit ». Et le ciel, il le côtoie beaucoup car l'homme est un véritable globe-trotter. Un nomade. Il l'avoue, il ne crée jamais mieux que lorsqu'il voyage. Et, quelque fois, il ajoute une destination à sa liste de ports d'attaches. Hong-Kong a pour l'instant ses faveurs, mais il a également acheté un entrepôt à Bruxelles, dans lequel il a installé un studio. Il dit aimer le côté authentique de la Capitale. Ses boutiques, ses galeries d'art et surtout ses restaurants. Il parle pudiquement de "second chez soi" et avoue aimer s'y détendre et réfléchir, entre deux voyages.

« Cela fait d'ailleurs des années que la Belgique observe Michael Young» confirme Marie Pok. D'abord parce qu'il vit en partie en Belgique, et parce que ceux qui ont vu son aire de pique-nique, à la Biennale intérieur de Courtrai, en 2002, ne peuvent l'oublier. Michael Young est un designer internationalement reconnu. Et c'est lui qui a fait le premier pas vers le Grand Hornu, nous demandant si l'heure n'était pas venue de présenter une rétrospective. En peaufinant le projet, nous avons choisi de nous focaliser sur ses créations en aluminium. C'est indéniablement un matériau ambigu, qui n'a pas que des avantages, mais il a la vertu d'être 100 % recyclable." Il est aussi l'un des matériaux de prédilection de Michael Young, qui s'exprime avec lui de manière étonnante et complètement innovante. L'exemple le plus parlant étant sans doute l' « oxygen chair », qui trouverait naturellement sa place dans n'importe quel intérieur extraterrestre! Elle est le fruit de l'injection de gaz à haute température et soumis à une très forte pression dans de l'aluminium en fusion. Si l'on est ici dans l'expérimentation pure, Michael Young affirme pourtant que c'est le design en tant qu'art industriel qui l'intéresse, à l'échelle de la production de masse. Et qu'un de ses principaux objectifs est de concevoir des objets pensés pour durer. Entre la création du « Sabor sex toy » et d'un lavabo en série limitée pour la Hedge Gallery, le designer assume son côté "touche à tout". Ses modes d'expressions ont pour point commun de mêler originalité et innovation, qu'importe si les pièces proposées ne sont pas immédiatement évidentes. Ce qui l'est, a contrario, c'est son désir de partager ses connaissances et son souci de mettre en valeur les compétences de ceux qui collaborent avec lui. S'il est déjà très largement reconnu par ses pairs, nul doute que la rétrospective présentée au Grand Hornu intéressera également le grand public.

Al(L)

12 niches pour partir à la découverte des projets en aluminium de Michael Young. L'exposition est pédagogique et ludique. Elle nous invite au voyage, entre légèreté et originalité, entre finesse et extravagance. On y découvre l'extraordinaire créativité du designer, couplée à un véritable amour des défis techniques. L'espace de la Crypte est quant à lui dédié à une sélection de pièces historiques et contemporaines composée d'aluminium. On y croise le banc de Xavier Lust, des pièces de Jean Prouvé et Marcel Breuer, la torche olympique créée en 2012 par Barber & Osgerby ou encore l'étrange " memory chair" de Tokujin Yoshioka, qui garde l'empreinte du corps. Comme le précise joliment Maria Cristina Didero, la commissaire de l'exposition," il s'agit ici d'un choix du cœur", totalement subjectif, dont le point commun est de montrer au public des pièces interpellantes et remarquables. L'exposition est complétée par quelques pièces iconiques de Michael Young, installée dans la forge : la dog house, habitat haut de gamme pour chiens, la « newspaper clock » composée de papier journaux pliés ou encore le « Tekke rug », hommage au savoir-faire de la tribu turkmène des Tekke et qui fait référence au visuel d'eau et d'huile faits dans les années 60 par Pink Floyd.

Al(L), jusqu'au 29 mai 2016.

Estelle Toscanucci

www.cid-grand-hornu.be
www.michael-young.com

Barber & OsgerbyBarber & Osgerby, Olympic Torch, London Organizing Committee for the Olympic, 2012 © Michael Young © TBC

Julien Carretero, stencil, 2011 © Studio Julien Carretero

Michael Young, Dub, EOQ, 2015 © Michael Young LTD

Michael Young, Metal Rock, Oxygen Chair, Hedge Gallery, 2015 © Michael Young LTD

MY 19 Giant City Speed , 2009 © Michael Young LTD

Projects in aluminium by Michael Young-01 © CID Grand-Hornu Photo David Marchal

Projects in aluminium by Michael Young-04 © CID Grand-Hornu Photo David Marchal

Tokujin Yoshioka, Memory chair © MOROSO, 2010 © Alessandro Paderni

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