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Maison Vervloet - 2015, année-charnière. Design - 05 mars 2015

Quand il rachète une quincaillerie en 1905, Joseph Vervloet n'imagine pas que quatre générations plus tard, la Maison Vervloet allait s'imposer comme une référence mondiale de la serrurerie d'art. « Tombée dedans » dès son plus jeune âge, Isabelle Hamburger évoque avec nous l'avenir de ce fleuron du savoir-faire belge.

Comment présenteriez-vous Vervloet à quelqu'un qui n'en n'a jamais entendu parler ?
I.H. : C'est une entreprise familiale, fondée par mon arrière-grand-père, spécialisée dans la fabrication artisanale d'accessoires de portes et de fenêtres. Nous sommes aujourd'hui à la tête de la plus grande collection de poignées de porte au monde, avec une base de 45 000 modèles, et j'insiste sur le terme de « base », car toutes les pièces peuvent être modifiées, au niveau de la matière première comme de la finition. Et puis, il y aussi a le sur-mesure complet. Nous pouvons partir d'un croquis ou de rien, personnaliser un chantier jusqu'aux plaques d'interrupteurs et aux paumelles des portes, marquées aux initiales de leur propriétaire. Cela peut aller très loin dans le détail ; quand on se charge de l'aménagement intérieur d'un yacht ou d'un Boeing privé, nos seules limites sont celles du portefeuille du client.

Et vous travaillez également avec des designers.
Oui, c'est l'autre volet de notre production, un côté création qui a beaucoup contribué à notre évolution. La collection de base est constamment agrandie, on sort une à deux collections chaque année, en collaboration avec des designers comme Jean-François D'Or, Big-Game, Quentin de Coster ou bientôt Nedda El-Asmar pour le prochain salon de Milan... Aujourd'hui, ce sont les designers qui viennent à nous

Vous vous sentez prêts à poursuivre votre développement international ?
Bien sûr, et l'on sait que l'on peut faire beaucoup plus, principalement au Moyen-Orient ou en Asie. A Maison et Objet Singapour l'an dernier, les gens qui venaient nous trouver n'étaient pas des particuliers, mais des professionnels avec de grands projets.

Des projets comme vous en réalisez déjà plus près de chez nous, par exemple pour le nouveau Peninsula Hotel de Paris ?
Un magnifique établissement, pour lequel nous avons livré plus de 500 pièces. Des « petits Belges » qui remportent un marché d'une telle importance, c'est une belle fierté pour nous. En Europe aussi, on se dirige de plus en plus vers ce type de chantiers : les clients sont moins nombreux, mais les volumes bien plus élevés. Dans ce milieu, une commande en amène une autre. Il suffit généralement de donner la poignée dans la main du client et « c'est bon ». C'est massif, c'est coulé, on sent le poids, le travail... Les copies ne soutiennent pas la comparaison.

N'est-il pas compliqué d'honorer de telles commandes en conservant votre mode de fonctionnement ?
Tout reste artisanal, c'est vrai. Mais je préfère avoir trop de commandes que pas assez. Quand on achète une Aston Martin, elle ne vous est pas livrée dans les deux mois; notre délai de seize semaines est très raisonnable.

En quoi cette année 2015 sera-t-elle spéciale pour Vervloet ?
Pour les 110 ans, je n'avais pas envie d'organiser de grande fête – ça, c'était pour le centenaire, avec notre concours présidé par Andrée Putman. Pour 2015, nous avons confié notre nouvelle image au studio Base Design, qui a travaillé pour Dandoy, Delvaux, LVMH ou le MoMA. On va complètement revoir notre politique marketing, toute la présentation du logo au site web, et développer l'e-commerce, ainsi qu'une collection Home où l'on retrouvera notamment le plateau réalisé avec Jean-François D'Or ou un cendrier signé Jules Wabbes... Sans oublier notre nouveau catalogue.

Un catalogue de 45 000 références ?
Vous n'imaginez pas le travail que ça a représenté. C'est un casse-tête qui dure depuis plus d'un an.

Vous sentiez que ce renouvellement d'image était nécessaire ?
On est plus connu à l'étranger qu'en Belgique, où notre image reste un peu vieillotte alors qu'on crée énormément de pièces contemporaines. Il fallait donc y remédier. On a envie de contextualiser le produit, de mettre en évidence son histoire. Mais je tiens absolument à conserver l'appellation « Maison Vervloet 1905 ».

Par Maxime Fischer. 

 

 

Plus d'infos

www.vervloet.com



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