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Maison Marcy: Marcy Szwarburt, le businessman en pyjama Mode - 19 octobre 2018

Portrait Marcy Szwarburt

Créateur de la marque Donaldson, un succès commercial sans précédent dans les années 80 et 90, le Belge Marcy Szwarburt a lancé, après l'arrêt de ce label chic inspiré de l'univers Disney, un projet centré sur le pyjama mixte et haut-de-gamme.

TLmag : La saga Donaldson a aussi commencé avec un pyjama. Vous aimez ça...
Marcy Swarbut : Cette fois, il s'agit surtout d'un vêtement de nuit en popeline, satin de coton, coton Oxford ou coton velours qu'on peut et doit porter le jour. C'est l'idée, la base du projet. J'ai donc misé sur des coupes parfaites, esprit tailoring et de belles finitions comme des boutons en nacre, par exemple. La particularité de nos pyjamas, c'est qu'ils sont conçus comme des chemises d'homme classiques. J'ai eu envie que les femmes portent les dessus comme un chemisier et que les hommes enfilent un peignoir de la marque par-dessus leur jeans pour sortir le chien.

Vous êtes le fondateur de Maison Marcy, son distributeur et vous gérez aussi d'autres aspects comme le suivi marketing du label. Il faut vraiment croire en son concept pour tout miser sur un seul produit, non ?
J'ai toujours cherché à proposer des produits attachants avec lesquels les gens puissent ressentir une vraie connexion. Vous savez, il m'arrive encore de rencontrer des clients qui se souviennent d'une anecdote d'enfance liée à Donaldson ou un propriétaire de boutique qui a tellement vendu de pulls à l'effigie de Mickey que ma marque a presque suffi à financer sa maison... À mon sens, ce n'est possible que lorsque vous proposez des pièces qui durent, pas de celles qui sont périmées après une saison. Cette période-là, elle est finie...

Maison Marcy SS18Mais pourquoi le pyjama ? Parce que vous êtes un visionnaire et que vous saviez déjà, en 2012, que six ans plus tard, la notion de confort allait dépasser celle de tendance ?
Je n'oserais pas dire que je savais que ça allait fonctionner. Mais moi qui ne suis pas styliste, j'ai peut-être une autre approche du vêtement. Plus terre-à-terre, disons. Quant à cette approche mono-produit, elle ne me bloque pas du tout. Cette saison, je lance une ligne de pantoufles qui accessoirisent mes pyjamas Comme pour Donaldson, j'ai besoin de matière pour raconter mes histoires.

Vos pyjamas sont vendus au Printemps, au Bon Marché ou encore chez Merci à Paris, chez Barney's à New York, chez Luisaviaroma à Florence, chez Isetan à Tokyo... Des enseignes prestigieuses. Qu'est ce qui attire ces acheteurs à votre avis ?
Encore une fois, le fait que je ne sois pas styliste. Quand je voyage pour aller à leur rencontre, je tente de comprendre leurs attentes et leurs besoins. En 2018, on ne crée pas des vêtements par hasard. Maison Marcy est arrivée au bon moment, à un moment où ces magasins tentaient d'évoluer, de proposer des produits plus en phase avec le quotidien des gens. J'imagine que je leur ai apporté les réponses qu'ils attendaient.

Vous exportez 95% de votre production. Vous n'arrêtez jamais de bouger, en somme ?
Par chance, je crée des vêtements d'intérieur conçus pour être portés à l'extérieur (il sourit). Les gens n'ont plus une vie statique aujourd'hui. Et c'est probablement encore plus vrai dans d'autres pays. Pour ma part, je ne peux pas m'empêcher d'avancer, de développer de nouvelles idées. Il y a l'e-shop que je compte encore développer puis, je l'espère, l'ouverture d'une boutique Maison Marcy. Même lorsqu'une marque est distribuée dans des boutiques et grands magasins de prestige, une enseigne propre permet de crédibiliser encore davantage l'histoire qu'on raconte. Et vous l'avez compris : les histoires, j'y tiens.

Par Marie Honnay

 

FW 16

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Plus d'infos

www.maisonmarcy.com



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