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Julien Renault ouvre boutique Design - 27 mai 2015

©VA Jewellery Shop

Le designer Julien Renault présente son dernier projet, la bijouterie VA, qu’il a réalisée avec sa compagne, la créatrice Vanessa Aerts. C’est dans la boutique, sise rue du Page à Ixelles, que nous l’avons rencontré.

Comment est né ce projet ?

Tout a été très vite. Vanessa voulait changer d’atelier et elle a craqué sur ce magasin. Nous sommes entrés ici en octobre, mais n’étions pas prêt pour la bijouterie et on a décidé d’ouvrir un pop-up store pour Noël, ce qui nous permettait de tâter le terrain, de tester certains produits, et me laissait le temps d’élaborer un concept pour la bijouterie.

Et quel était ton concept ?

On voulait un design très simple, cela devait être inventif, malin et rapide, on a tout fait en trois semaines de travaux. Notre souhait était de toucher le moins possible à l’endroit, en n’intervenant que très discrètement, et de montrer l’atelier en arrière-boutique. Point de vue déco, on y retrouve des tapisseries et céramiques qui datent du pop-up store et du mobilier chiné. L’applique qui éclaire la table et le comptoir en contrebas est une pièce unique, créée pour l’occasion.

Qu’en est-il de l’élément principal, ces longs présentoirs en métal ?

Je les ai développés avec un ferronnier. L’idée était de créer un support visuellement léger, même si en termes de poids c’est très lourd. Le plus grand pèse dans les 40 kilos, il a fallu soigneusement évaluer la résistance du mur. On y a fixé des supports, sur lesquels s’emboitent les différents modules, qui sont facile à démonter malgré leur côté brut, très costaud.  Les meuble de bijouterie sont toujours plein de charnières, de vitres, des serrures de coussins, on n’avait ni les moyens ni l’envie de faire tout ça sur-mesure. On s’est contenté de poser des vitres, ce qui n’est pas le principe le plus safe, mais ça fonctionne parfaitement.

Cette simplicité vous autorise pas mal de libertés…  

Oui, d’ailleurs nous écrivons les prix et les noms des collections directement sur les surfaces vitrées. Nous disposons de neuf mètres linéaires pour exposer les collections de bijoux et tout le système est segmenté en rayonnages interchangeables. Nous y avons inclus un éclairage très sobre - la difficulté était de ne pas créer d’ombres - ainsi que des clous, où pendre des colliers ; on voulait vraiment éviter de les présenter sur des bustes en plastique. Et d’autres choses viendront encore s’ajouter. 

Parlons de tes projets perso…

J’ai toujours mes lampes en plâtre, les Rainbow Shades, autoproduites et vendues à Bruxelles (chez Homepage et The Game à Bruxelles) ainsi que sur mon site. Ma grande actu, ce sont les porte-manteaux Cap Hooks, qui vont être édités par la marque Hem et déclinés en une famille de produits, comme des boîtes ou des portes-bougies. Ils sont faits au départ de capuchon de tubes industriels destinés à la plomberie, j’avais découvert l’objet par hasard, et immédiatement, j’avais trouvé ça beau. Puis il y a à peu près un an, je me suis décidé à aller en acheter et j’ai regretté de pas l’avoir fait plus tôt. Dans un deuxième temps et toujours avec Hem, je lancerai une collection de tables en bois, que je suis actuellement en train de dessiner.

Il y a pire comme premier éditeur.

C’est sûr. Mais ça fait déjà six ans que je suis sorti des études, il était temps.

Tu ne regrettes quand même pas d’avoir complété ta formation auprès de designers du calibre des frères Bouroullec, d’Alain Berteau ou de Sylvain Willenz ?

Pas une seconde. Travailler pour les autres m’a appris énormément - et je continue certaines collaborations, notamment avec Objekten, ou encore le spécialiste de l’aménagement de bureaux, ABV. J’aide Alain Berteau à redynamiser la marque, qui commercialisera bientôt une collection de panneaux acoustiques que j’ai réalisée.

Et la suite ?

Avec VA, on espère faire partie des boutiques sélectionnées pour le Design Commerce Awards du festival Design September. Je pense qu’on le mérite, d’autant que ces transformations nous ont coûté à peine 5000 euros, mobilier et électricité compris. Une vraie prouesse ! Même si la boutique démarre bien, ça pourrait nous donner un beau coup de pouce.

Maxime Fischer

Cap Hooks ©Julien Renault

Rainbow shades ©Julien Renault

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