Retour à la liste complète

Hind Rabii - Les invités du Salone Design - 13 mai 2015

Hind Rabii at Euroluce ©Nicolas Schimp

A la recherche d’une lampe et insatisfaite des produits qu’on lui propose, Hind Rabii décide de mettre au point son propre luminaire, avec l’aide de son mari. Un peu moins de vingt ans plus tard, les voilà exposants invités au plus prestigieux événement du design mondial, le Salone de Milan.


Vous venez de participer au Salon du meuble de Milan…
Oui, pour la première fois. Les organisateurs nous avaient repérés à Paris, ils aimaient l’esprit de notre produit, trouvaient la collection différente et nous ont donc invités à exposer. Milan reste le salon le plus difficile d’accès, mais nous avions un grand stand, devant lequel le monde entier a défilé. C’était une chance incroyable, une expérience extraordinaire,

D’autant que le Salone accueillait également la biennale du luminaire, Euroluce, en pleine Année internationale de la lumière.
Pour nous, c’est une immense fierté. Les organisateurs nous ont sélectionné parce qu’ils nous trouvaient différents, et effectivement, nous détonnions par rapport aux autres exposants. Cela s’explique par notre vision du design, qui essaye de traduire un esprit intemporel, une certaine idée du chic, de l’essentiel. On est loin du design soi-disant « pur », tout blanc et épuré. Ce n’est pas du tout notre ligne, on tente juste de transmettre une émotion et une personnalité.

C’est votre façon de vous démarquer face à la concurrence ?
Absolument. A côté de nous, les exposants étaient connus et reconnus, comme  Ingo Maurer ou LucePlan, de très grands noms. Mais le fait de ne pas avoir une collection dans la tendance ou à la mode - ces mots sont bannis de mon vocabulaire - nous ont aidé à nous faire un nom, à forger notre identité pour être visible sur un marché si concurrentiel.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience milanaise ?
Un bilan très, très positif, au-delà de nos espérances. Rien que le fait de voir les gens sur notre stand et de recevoir leurs compliments, c’était incroyable. En tant que créateurs, nous sommes constamment dans le doute, c’est le client qui reste le seul juge. Alors de voir tant de visiteurs attirés par nos produits, et ce au milieu de marques reconnues, c’était un véritable privilège.

Comment vous décrirez votre production ?
Il est très difficile de se juger soi-même. En résumé, je dirais « émotion, essentiel et féminin », enfin ça, ce n’est pas moi qui le dis, mais un designer avec qui je travaille.

Vous semblez fière de revendiquer une production 100% belge…
Nous y tenons beaucoup. C’est essentiel à l’heure de la mondialisation, qui voit tant de marques succomber à l’appât du gain en misant sur une production low-cost. Nos produits ont un certain prix, mais sont réalisés dans le respect de la condition humaine, ils sont soumis aux normes européennes de qualité et d’écologie - et ce n’est pas anodin quand on travaille avec des teintures ou des vernis. Alors que d’autres marques pourtant connues fabriquent  au bout du monde dans des conditions mal connues, nous préférons cultiver une idée du « Made in Dignity ».

Cet accent mis sur la production belge, ça pèse dans le choix de vos clients ?
Oui, je pense que les gens y sont sensibles. La réputation créative de la Belgique n’est plus à faire, notre pays peut occuper le devant de la scène sans rougir, et on le constate chaque année avec le nombre croissant d’exposants belges à Maison & Objet.

Vous êtes installée « dans un zoning industriel en pleine campagne », dans la région de Verviers, pourquoi ce choix plutôt atypique ?
Parce que c’est ma région, tout simplement. On peut y travailler tranquillement. Nous n’avons pas besoin de boutique, donc nous ne devions pas être particulièrement accessibles. Mais nos affaires ont prospéré plus que prévu, on commence à être à l’étroit.

Qu’est-ce qui vous occupe aujourd’hui ? Un peu de repos bien mérité après l’aventure en Lombardie ?
Oh non, au contraire. Nous n’arrêtons jamais, là on prépare le prochain salon Maison & Objet de septembre, où nous intégreront les Scènes d’intérieur, emplacement plus prestigieux. C’est encore un pas en avant.

Maxime Fischer

Hind Rabii 2015 ©Nicolas Schimp

Hind Rabii 2015 ©Nicolas Schimp

Hind Rabii 2015 ©Nicolas Schimp

Hind Rabii 2015 ©Nicolas Schimp

Hind Rabii 2015 ©Nicolas Schimp

Plus d'infos

www.hindrabii.net



En collaboration avec

WBDM s’associe à Belgian Boutique pour promouvoir et diffuser la créativité et le talent belges à l’international.

Pour découvrir plus d’articles sur la créativité belge, rendez-vous sur Belgian Boutique.