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Frédérique Ficheroulle, material girl. Design - 18 mars 2015

Issue d'une famille d'architectes et d'artistes, Frédérique Ficheroulle n'aurait, de son propre aveu, « pas pu grandir dans un meilleur environnement ». Rencontre avec cette habituée du Salon de Milan, auquel elle participera pour la première fois à titre personnel, impénitente chipoteuse à l'enthousiasme contagieux.

Quelles sont les circonstances de tes premiers pas dans le monde du design ?
J'ai toujours été patiente et minutieuse quand j'exerçais des travaux manuels, j'ai donc voulu me diriger vers un métier créatif. J'ai commencé par l'Architecture à la Cambre, sans être particulièrement excitée à l'idée de construire des maisons : embêtant pour une architecte. Après avoir hésité à me lancer dans la bijouterie, j'ai finalement atterri au CAD, en Architecture d'intérieur et Design. C'est là que le déclic s'est produit.

Tu as déjà eu l'occasion de collaborer avec des designers de renom, comme Jean-François D'Or et Nathalie Dewez, que t'ont-ils appris ?
J'ai beaucoup appris de tous les deux sur le métier de « créatif professionnel ». J'ai d'abord commencé chez Nathalie (qui fut d'abord ma baby-sitter puis ma prof à la Cambre !), où j'ai découvert comment gérer différents projets, la communication avec les clients et comment oser dans le métier - je suis assez bluffée par son idée pour le projet IDETA, auquel j'ai contribué, il fallait oser ! Travailler à ses côtés dans son studio était également très gai.
Puis Jean-François m'a proposé un projet de développement et production dans le cadre de son expo au Grand-Hornu. Re-parcourir avec lui son chemin et ses projets était à la fois très enrichissant et un grand plaisir, puisque c'est un peu avec lui, qu'étudiante, j'ai découvert que je voulais faire du design mon métier. Auprès de Jean-François, j'ai découvert l'équilibre entre l'aspect « structure et stratégie » d'un projet et l'aspect « création et poésie ». Je suis très heureuse d'avoir pu faire ce bout de chemin d'un an et demi avec lui.

Tu as l'air d'aimer travailler différentes matières (bois, mousse, porcelaine, textile et même silicone), y a-t-il une raison particulière à cela ?
Je suis très branchée 'matériaux'. J'aime me trouver dans une pièce et essayer d'identifier les matériaux autour de moi! Mais c'est par hasard que chacun de mes projets repose sur un matériau différent, ils ont « découlé » du sujet.
Qu'est-ce que ta production dit sur ta personnalité ?
Difficile à dire, parce que je débute à peine, mais j'ai toujours aimé l'idée de mettre la main à la pâte. Pouvoir travailler les matériaux, découvrir leurs propriétés, les outils et finitions possibles, ça enrichit le projet. Mais quand je commence, il devient rapidement difficile de m'arrêter, or je dois aussi gagner ma croûte, donc ce n'est pas un luxe que je pourrai toujours m'offrir.

Qu'est-ce qui t'a donné envie d'étudier la gemmologie ?
Petite, j'ai également été passionnée de minéralogie. Le fait que des cristaux aussi parfaits puisse 'pousser' dans la nature me fascinait - mes copains m'apportaient des pierres pour mes anniversaires. Les matières scientifiques m'ont un peu manqué pendant mes études, alors quand j'ai découvert que je pouvais étudier la gemmologie, j'ai sauté sur l'occasion. Je ne sais pas exactement ce que je ferai d'un diplôme de gemmologue mais toutes ces observations sont fascinantes, disséquer les phénomènes de la nature, chimiques et physiques, travailler avec des microscopes, polariscope, spectroscope etc, est assez excitant et tout à fait enrichissant pour mes projets.

Tu participes bientôt au Salone Satellite avec d'autres jeunes talents belges, ça te fait quoi d'être sélectionnée ?
C'était pour moi l'occasion de me lancer réellement, je me suis inscrite en me disant « Si je suis prise, j'ai pas le choix, je fonce ! ». Je vais au Salon de Milan depuis 2007, donc avant même de commencer l'Architecture à la Cambre ! C'est d'ailleurs marrant de voir comment ma vision change visite après visite. La première fois, j'y suis allée seule, je connaissais absolument rien et je me suis dit « En tout cas, ça c'est sûrement pas pour moi ! » J'étais très impressionnée par le nombre et la diversité des exposants ! Maintenant je le vois différemment, j'arrive à mieux faire le tri.

Par Maxime Fischer

 

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