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Elvis Pompilio, star en tête Mode - 08 février 2016

©Cici Olson

Identité forte du paysage modeux belge, Elvis Pompilio fait rocker les têtes et twister les couvre-chefs, dans le Plat Pays et largement au-delà. Avec une créativité sans concession. Mais toujours en sur-mesure.

L'art de la mode
Elvis Pompilio, fils de mineur liégeois qui coiffe reines et stars, est aussi, surtout, une identité forte, doublée d'une créativité naturelle. Son envie première de faire de l'art contemporain, peut-être ? Ses chapeaux, ce sont des oeuvres d'art. « Je fais des choses très simples et très particulières ; il y a toujours une astuce. Mais je n'ai pas besoin d'expliquer ma démarche à mes clients ; ils viennent pour ça. » Des clients, connus ou pas, mais qui tous se présentent personnellement à l'atelier. « Un chapeau, c'est intime ; voir les gens, c'est important. Ils doivent sortir d'ici avec quelque chose qui leur va. Je ne veux pas les décevoir. Je veux qu'ils soient contents de porter ce que je leur ai fait. » Discret, ou pas, pratique, ou pas. « Le chapeau, ça va très loin dans le sur-mesure. C'est très précis, très juste. Ça peut être artistique, mais pas juste pour être artistique. Ça doit s'adapter à celui qui le porte. ». Voilà pourquoi il reçoit ses clients, dans son atelier-showroom-boudoir, autour d'une tasse de café, pour les observer longuement, puis imaginer ce qui leur correspondra le mieux.

Durer, unique

Cette aventure du couvre-chef en sur-mesure a commencé en 1987. Presque trente ans que ça dure. Pour ça, le créateur l'affirme, «il faut être sans concession, se laisser guider par ses envies. » Une affirmation qui donne le ton de son tempérament entier, qui l'a (presque) tout fait arrêter, en 2002. « J’étais dégoûté par le système. J'étais devenu un homme d'affaire; je travaillais sept jours sur sept, ne pouvais plus prendre de vacances. Je n'avais pas appris à gérer 40 personnes. A l'époque, je ne pensais pas recommencer. Même si je n'ai jamais arrêté les défilés ; quand Chanel vous demande quelque chose, ce serait inconcevable de refuser. En 2010, j'ai repris. Par passion. » Dans une petite boutique du Sablon, qu'il souhaitait fermer après trois ans, mais qu'il conservera  quatre. Pompilio, guidé par la passion, oui, mais construit à force de travail, surtout. Voire un peu plus. « J'ai fait les bons choix. Et j'ai eu la ténacité nécessaire. Pour travailler dans la mode, il en faut. C'est un monde qui fait rêver. Mais il faut beaucoup de courage pour s'y maintenir. Ça va vite aussi. Et il faut savoir tout faire, de la gestion à la couture.»

Passion et impulsion

Lui, pour se maintenir dans ce monde-là, a délaissé les chemins habituel du marketing. Et s'est inventé ses propres codes. « Je fais ce que j'aime. Je ne suis pas dans des plans. Je ne dis pas que ce n'est pas bien. Faire des études sur ce qui marche, sur ce qu'il faut lancer à quel moment, si cette année c'est plutôt laine ou  feutre, faire des statistiques, des prédictions, ça peut aider à monter un business. Mais ce n'est pas ce que j'ai fait. J'ai voulu rester fidèle à ce que je suis. » Aujourd’hui, il refuse les pop-up store dont il ne peut pas gérer l'image, à-côté essentiel de ses créations. Une intégrité qui ne l'empêche pas d'accepter les collaborations. Comme celle signée avec Delacre, pour les boîtes de ses biscuits, en fin d'année dernière. Dans ce cas, Elvis Pompilio est guidé par le même besoin.  « On ne me demande pas d'être performant, de faire autre chose que ce que je suis. Je déteste me déguiser, et si je fais des choses qui ne me ressemblent pas, ça ne fonctionne pas. Dans le cadre des collaborations, c'est pareil, je veux avoir carte blanche, qu'on m'approche pour ce que je suis. » Pour ce qu'il est, lui le wallon qui débuta sa carrière en parallèle des six d'Anvers – d'ailleurs, il travaille toujours sur les défilés d'Ann Demeulemeester- mais aussi pour ce qu'il propose. Des chapeaux-objets innovants, toujours, mais d'une innovation désormais classique et intemporelle. Voilà tout l'art de celui qui a pu poser la nouveauté et l'avant-garde en indémodable personnalisé. Chapeau, monsieur Pompilio !

 

Isabelle Plumhans

©Cici Olson

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Plus d'infos

www.elvispompilio.com



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