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Delvaux, Le 27. Ceci n’est pas une boutique Mode - 11 juillet 2017

(c) Delvaux

Ce printemps, le numéro 27 du boulevard de Waterloo – l'adresse de l'une des deux boutiques bruxelloises de Delvaux - s'est refait une beauté. Une transformation au parfum belge sous le signe de l'art et du design qui se veut en phase avec le fulgurant développement de la maroquinerie à l'international. Rencontre avec Christine Zeller, directrice artistique du label, dans les salons chics et feutrés du 27.

Lorsque vous êtes arrivée chez Delvaux, en 2011, qu'est-ce qui vous a séduite dans cette maison ?

J'ai tout de suite pris conscience de l'opportunité qui m'était offerte de contribuer au renouveau de la plus ancienne maroquinerie du monde. Si nous avons choisi, pour cette boutique, de présenter une collection de minaudières en marge de nos collections actuelles, c'est pour rappeler que Delvaux est l'inventeur du sac à main. Notre maison a une histoire, des artisans de talent et une vraie tradition qui sont nos plus grands trésors et qui nous permettent de briller dans le monde entier.

Dans un premier temps, vous avez toutefois choisi de vous concentrer sur autre-chose...

La qualité de nos artisans n'avait plus vraiment besoin d'être mise en avant. Il y a six ans, j’ai été engagée pour développer des idées qui allaient justement contribuer à mettre l'excellence de Delvaux en lumière, mais d'une toute autre manière que ce qui avait été fait jusque-là. Mon premier travail a donc été de me plonger dans les archives, puis de m'en inspirer pour donner un nouvel essor à Delvaux.

Vous avez relevé cette mission au travers, notamment, de créations teintées d'humour et de fantaisie. Expliquez-nous votre démarche.

Cette approche décalée et souvent surréaliste fait partie de l'ADN de Delvaux depuis les origines de la maison. Elle avait toutefois été un peu oubliée. J'ai donc choisi de redonner de la fraicheur à nos modèles iconiques tels le Brillant, le Tempête et le Madame, des modèles qui sont, aujourd'hui encore, nos bestsellers et que nous avons subtilement modernisés en les rendant plus pratiques et plus portables. Nous avons revu les proportions de certains modèles, ajouté des lanières ou des poches à d'autres pour qu'ils puissent séduire une cliente chic et urbaine à Bruxelles ou à Tokyo.

Vous avez aussi créé des sacs en vinyle transparent ou en cuir jaune fluo, des séries spéciales en hommage à Magritte ou à Alice au Pays des Merveilles, des modèles aux couleurs pastels à soufflets multicolores, des jeux de découpes sur du python et, tout récemment, une série de Miniatures ornées de frites, de moules ou d'une gaufre. C'était un pari audacieux, non ?

L'engouement, au niveau international, pour notre maroquinerie nous a offert beaucoup de liberté tant au niveau stylistique que technique. Jusqu'en 2011, faute de moyens financiers, nous ne pouvions pas donner libre cours à la maestria de nos artisans. Derrière chaque modèle original – surtout lorsqu'ils sont drôles et décalés comme nos nouvelles Miniatures – se cache en effet une maîtrise totale du travail du cuir. Pour certains sacs en peaux exotiques, on peut parler d'orfèvrerie tant les découpes et les piqures sont précises. Chez Delvaux, nous ne cherchons pas à être tendance ou branché. Le luxe maison n'a rien d'ostentatoire. Nous le décalons toujours.

C'est aussi le cas de l’aménagement intérieur du 27…

En effet. Les portraits pleins d'irrévérence de la peintre argentine Romina Ressia qui ornent les murs de la cage d'escalier semblent taillés sur-mesure pour le lieu. Au départ, ils ne devaient rester que le temps de l'inauguration, mais nous ne pouvons pas nous résoudre à les décrocher.

L'aménagement de la boutique a été pensé jusque dans les moindres détails. Parlez-nous du mobilier d'exception qui dialogue avec les sacs Delvaux.

Le 27 incarne ce que la Belgique fait de mieux. D'où le choix de Jean-Marc Loubier (président et CEO du groupe d'investissement First Heritage Brands, propriétaire de Delvaux) d'y avoir intégré une collection – qu'il a d'ailleurs chinée lui-même – de pièces de mobilier et de luminaires belges signés Jules Wabbes, Pieter de Bruyne, Renaat Braem, Nathalie Dewez, Ben Storms ou Alain Berteau. Ce tour d'horizon du design belge des XXe et XXIe siècles est également un clin d'œil en direction du marché belge qui, étrangement, est moins réceptif à notre renaissance que ne le sont nos clients asiatiques ou américains.

 Par Marie Honnay

 

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Madame

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Delvaux, boulevard de Waterloo, 27 1000 Bruxelles.
www.delvaux.com



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