Retour à la liste complète

Ars Fabricandi : "La Belgique est un pays idéal pour développer de nouvelles idées" Design - 27 avril 2017

 La Belgique et le Brésil. Certains rêvent de les rassembler… sur un terrain de football. Davide Parrilli les unit à travers les meubles et objets qu'il fabrique. Ils sont rassemblés dans une collection présentée pour ars fabricandi, le nom de la jeune marque qu'il a imaginée. Un label résolument moderne auquel collaborent notamment des jeunes designers brésiliens, italiens et belges. Ceux-ci communiquent avec un langage latin aux accents « nord-sud ».  Davide Parrilli aime la mixité, la diversité et n’exclut d’office aucun matériau ou aucune proposition. Les envies sont grandes et diverses.

 Indéniablement, la variété n’effraie pas Davide Parrilli, elle le nourrit. Cet Italien, né à Rome, a vécu en Vénétie, puis en Belgique. Il est avocat et préside depuis 2015 le label de design ars fabricandi. Mais, en réalité, l’aventure a commencé en 2012, lorsque le jeune homme décide de mettre en valeur le design belge à San Paolo. Le Brésil est son pays de cœur.  Bram Boo ou encore la marque de luminaires Kinetura participent au projet. Et l’idée de créer une marque de design fait peu à peu son chemin. « Au départ, je voulais essentiellement travailler avec des designers brésiliens, mais l’envie est vite venue d’élargir les collaborations.  J’ai choisi le nom ars fabricandi pour plusieurs raisons. Il montre le caractère international de la marque, et mon amour pour la culture latine. Il fait également référence à l'art de produire et de faire des choses. »

Des rencontres et des histoires

Lorsqu’on demande à Davide comment il a pensé sa collection, il explique qu’elle est le résultat d’une série de belles rencontres et évoque, en guise d’exemple, sa collaboration avec Frédéric Delbart. « Je l’ai rencontré à Tokyo, l’an dernier. Là-bas, nous sommes sortis ensemble, on s’est amusé. Je connaissais déjà l’artiste, et j’ai appris à connaître la personne. » Un bon feeling et une proposition. « J’ai demandé à Frédéric : as-tu envie de faire quelque chose par ars fabricandi ?  Je lui ai montré les pièces existantes à l'époque et lui ai parlé de mon désir de travailler autour de l’élaboration d’un living. Frédéric a créé une table basse.  Il s’est inspiré de l'architecture romaine. Le résultat, c’est la table « Arena », en bois et en verre. C’est une pièce à la fois simple et complexe dans sa construction. Pour la partie en bois, nous avons fait appel à l’atelier bruxellois cnc de Kenny Vanden Berghe. Aujourd’hui, Arena est prototypée et suscite beaucoup d’intérêt. » Davide travaille également avec le studio de design Fabrica, de Sam Baron. « Rien n’est déterminé à l’avance. Je rencontre des designers, j’ai envie de travailler avec eux et j’essaie de trouver les éléments qui les rassemblent pour créer la cohérence de la collection. Et, surtout, je n’exclus rien et surtout pas certains matériaux. La beauté est partout. » 

Pour les curieux

La première collection d’ars fabricandi a été récemment présentée à Milan, au Palazzo Litta, à côté de l’exposition Belgitude, organisée par Belgium is Design. Le succès était au rendez-vous. « Je suis heureux car notre collection a séduit des personnes ouvertes, curieuses de découvrir de nouveaux designers et intéressées par nos histoires. Le public visé par ars fabricandi est celui qui aime prendre le temps de se passionner pour des objets. Actuellement, certains de nos produits sont vendus à Lisbonne et nous avons différentes ouvertures en matière de vente online et sur le marché asiatique. »

Exposer le travail

Prochaine étape du projet ? L’ouverture d’un show-room, à Molenbeek, dans le bâtiment « studio with a view », déjà occupé par des artisans et des designers. Un espace qui correspond parfaitement à l’approche du design privilégiée par Davide. « Je n'aime pas trop le concept de galerie de design. La galerie se présente souvent comme un espace blanc, pur et trop nettoyé. Selon moi, parler de design, c’est parler d'outils, d'objets, de poussières, de personnes qui travaillent. Notre show-room, je le conçois davantage comme un atelier.  L’objectif, c'est d'inviter les gens à voir les pièces dans un endroit où les designers pensent, créent, produisent. »

La Belgique, inspirée et inspirante.

 Evoquer l’atelier permet à Davide Parrilli de revenir à la base de tout : sa passion pour deux pays éloignés géographiquement mais au langage latin.  « Bruxelles est l'endroit idéal pour créer ars fabricandi. Ma passion pour le Brésil est née en Italie mais ma passion pour le design a vu le jour ici, à Bruxelles. En Belgique, les conditions sont idéales pour développer ce type de projet car, lorsqu’on parle de design, c'est un pays plus jeune que d'autres. Créer une marque de design à Milan serait difficile. En Belgique, il y a également une curiosité énorme pour les autres. Le design brésilien ? Il y a ici des personnes qui le connaissent et qui l'apprécient.  Et puis, il y a pas mal de jeunes qui lancent de nouvelles entreprises dans le secteur semi industriel ou artisanal. Cela permet de créer des collaborations transversales, variées et durables. » 

 

Par Estelle Toscanucci

(c) Michelangelo Princiotta

(c) Michelangelo Princiotta

(c) Michelangelo Princiotta

(c) Ana Neute

(c) Ane Neute

(c) Daniel Rous

(c) Michelangelo Princiotta

(c) Michelangelo Princiotta

En collaboration avec

WBDM s'associe à Belgian Boutique pour promouvoir et diffuser la créativité et le talent belges à l'international.
Pour découvrir plus d'articles sur la créativité belge, rendez-vous sur Belgian Boutique.