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Ariane Lespire, une Belge à New York Mode - 22 décembre 2014

La mode belge a le vent en poupe. La preuve de cet engouement: les concepts stores "noir-jaune-rouge" qui fleurissent ça et là. Dans le business de l'accessoire depuis 20 ans, Ariane Lespire s'inscrit dans ce mouvement. Mais à sa façon. Avec indépendance et une joie de vivre communicative.

Entrer dans la maison/atelier de la Liégeoise Ariane Lespire, c'est comprendre que son premier métier - celui d'architecte - n'a rien d'une erreur de parcours. Sobre et épurée côté habitation (et cela malgré la présence de trois enfants), la maison est plus colorée du côté de la boutique-atelier qui rassemble, en un seul espace, tous les univers d'Ariane: du chapeau de cérémonie (le point de départ de son business) au bonnet en laine bouillie, sa marque de fabrique, en passant par les bijoux, les écharpes, les mitaines, les petits ponchos en mohair... Le point commun de toutes ces pièces: une recherche de belles matières (laine et feutre de qualité) et une touche de folie qui ajoute de la féminité à chaque modèle (couleurs franches, franges, sequins brodés, fils d'or...)

Premiers salons, premier buzz
Dès 1998 et pendant une année, Ariane choisit de faire coexister son premier métier et la création de chapeaux. En 2000, elle se lance dans la laine bouillie (encore peu connue à l'époque) et se met en quête d'un fabricant italien capable de lui fournir une laine de qualité. Son objectif: se libérer du concept de chapeau de cérémonie pour se concentrer sur le principe de collections et de productions en série. En 2002, elle participe à son premier salon à Bruxelles. D'abord à tâtons pour mieux comprendre les attentes du marché et le mode de fonctionnement de ces foires textiles. La même année, elle présente une collection été au Salon Première Classe à Paris. Elle décroche 10 commandes. Un démarrage en demi-teinte. Six mois plus tard, sa collection, mix de laine bouillie et de maille, cartonne. Cet hiver-là, Ariane Lespire voit le nombre de ses commandes multiplié par dix.

MOMA, quatre lettres qui en jettent
Face à ce mini-succès, la marque doit s'organiser. Ariane Lespire confie sa production à Creasol, une entreprise d'insertion par le travail avec laquelle elle collabore encore aujourd'hui. Elle se tourne également vers Mulieris, un atelier de confection basé à Bruxelles. Ces deux structures lui permettent d'assurer la production et de livrer ses clients belges, français et italiens. A ses côtés, son mari Denis (plus au fait des chiffres et des dates) la seconde. Car ce qui motive vraiment la Liégeoise, c'est la création pure. La création de chapeaux au style plus audacieux, assez éloigné des standards requis pour la création en série et l'identification claire du label à l'international. Une identification qui a d'ailleurs fini par faire mouche: en 2009, sur un salon parisien, Ariane Lespire est abordée par les acheteurs de la boutique du Musée d'Art Moderne de New York. Six ans plus tard, cette collaboration avec le MOMA se poursuit sur base d'un budget saisonnier fixe (15% de son chiffre d'affaires annuel) et le choix de pièces emblématiques complétées par quelques exclusivités.

Evolution, adaptation, stabilisation
En presque deux décennies, la marque Ariane Lespire a dû faire face à des choix, à des réajustements liés à la réalité économique du secteur. En 2004, le magasin parisien La Samaritaine lui commande une grande quantité de pièces. Une évolution positive pour le label, mais une prise de risques aussi. Concurrence oblige, les Galeries Lafayettes, pourtant intéressées par le produit, choisissent de ne pas la distribuer. Une poignée d'années plus tard, la Samaritaine ferme ses portes. Depuis, La Liégeoise n'est jamais parvenue à pousser les portes du grand magasin de l'avenue Hausmann. Mais qu'à cela ne tienne, le label garde le cap. En 2014, Ariane Lespire exporte ses modèles en Angleterre, France, Irlande, Italie, à New-York et Tokyo. Cette année, grâce au soutien financier de l'AWEX, elle a aussi, à l'instar des boutiques qui la distribuent, investi dans un web shop. Aujourd'hui, Ariane Lespire touche encore, contrôle qualité oblige, chacune des 8.000 pièces produites en atelier. Au quotidien, elle travaille avec une collaboratrice et une stagiaire qui la secondent à la boutique et l'assistent pour la réalisation de certaines pièces uniques.

Jusqu'au printemps prochain, Ariane Lespire participe au Belgian Concept Store, à découvrir pendant 5 mois rue de Namur à Bruxelles. Un projet qui rassemble, à l'invitation d'Atrium Bruxelles, une vingtaine de signatures belges (mode et design). L'idée: promouvoir le made in Belgium en occupant un commerce inoccupé situé dans une rue en manque de passage.


www.ariane-lespire.be

Ecrit par Marie Honnay

 

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